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Résumé :
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Le livre de Frédéric Keck (2024) procède à une actualisation rigoureuse de la notion de biopouvoir en ces temps de zoonoses successives, et propose une réflexion éthique sur les relations humains-animaux-virus. Je l’ai lu avec un très grand intérêt, étant actuellement au Kenya où je coordonne différentes actions de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, en mobilisant les sciences sociales et de la communication sur le risque et l’engagement communautaire. Frédéric Keck part de la notion de biopouvoir de Michel Foucault (2004), qui permet de montrer que les politiques sanitaires telles que le confinement, les campagnes vaccinales, le traçage numérique, les restrictions de mobilité ne relèvent pas seulement de mesures biomédicales mais d’un pouvoir des États qui administrent, surveillent, régulent la vie biologique et disciplinent les populations face aux crises sanitaires. En revisitant ce concept, Frédéric Keck invite à aller au-delà de l’analyse de ces dispositifs sanitaires pour interroger les formes prémodernes et contemporaines de domination, les inégalités globales de vulnérabilité et les reconfigurations profondes des rapports entre espèces dans un monde où la vie, toute vie, devient un enjeu stratégique, politique et éthique.
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