|
Résumé :
|
Les substances perfluoroalkylées ou polyfluoroalkylées (alias PFAS ou "polluants éternels") sont un vaste groupe de composés chimiques, dont certains sont très persistants. Ils contaminent l'eau, l'air, les sols et les sédiments à l'échelon mondial, notamment près des sites de production et d'utilisation, exposant les humains et leur environnement à des effets nocifs. En 2022, les Académies étatsuniennes des sciences, d'ingénierie et de médecine (alias Nasem) ont effectué une synthèse méthodique, notamment des rapports de plusieurs agences états-uniennes et européennes sur la toxicité des PFAS chez les humains. Les Nasem ont estimé suffisantes les preuves d'une association avec les concentrations sanguines de PFAS pour les effets suivants : moindre immunité humorale, dyslipidémies, petit poids à la naissance, risque de cancer du rein. Les preuves liées à un risque de cancers du sein et du testicule, et celles liées à une altération des fonctions hépatique et thyroïdienne, ont été estimées limitées. Fin 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé deux PFAS parmi les plus utilisés : le PFOA parmi les cancérogènes avérés pour les humains (cancers du rein et du testicule) ; le PFOS parmi les cancérogènes possibles (cancers du sein, du testicule et de la thyroïde). Plusieurs seuils de contamination sanguine ont été proposés par les Nasem : pas d'effet attendu en dessous de 2 µg/l ; possibilité d'un effet nocif entre 2 et 20 µg/l, surtout pour les personnes les plus vulnérables ; risque accru d'effets nocifs au-delà de 20 µg/l. Les Nasem ont émis des recommandations de suivi des personnes en fonction des niveaux de concentration sanguine de PFAS, mais elles ne font pas consensus. Sauf en ce qui concerne la recommandation d'encourager la réduction de l'exposition quand elle est connue. Les professionnels de santé sont appelés à s'informer, à informer les patients et à identifier avec eux les sources possibles d'exposition. Et dans la mesure du possible les inviter, spécialement les femmes enceintes, à réduire ces expositions, notamment alimentaires.
|