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Résumé :
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La transformation numérique accélérée du secteur social et médico-social fait entrer l’intelligence artificielle générative, les outils prédictifs et la robotique d’assistance au cœur des pratiques professionnelles. À partir de données récentes et de retours d’expérience, cet article interroge les effets de cette mutation sur la nature de l’accompagnement et sur la capacité des travailleurs sociaux à « tenir la relation » sans déléguer le lien humain aux machines. Il reconnaît le paradoxe d’un numérique à la fois indispensable et producteur de problématiques telle la charge invisible de la médiation numérique, ainsi que les risques de déshumanisation et de biais algorithmiques. L’auteur défend la nécessité d’un « numérique raisonné » : définition de lignes rouges éthiques, littératie numérique critique, encadrement RGPD [1] réel et coconstruction des usages avec les professionnels et les personnes accompagnées. L’enjeu est moins de refuser l’IA que de la subordonner aux valeurs fondatrices du travail social : dignité, justice sociale, pouvoir d’agir et primat de la relation.
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