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Résumé :
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L’identification des perturbateurs endocriniens représente un défi majeur en santé environnementale. Leur prise en charge par l’adaptation de nos usages est, quant à lui, un enjeu sociétal. Cette synthèse analyse l’évolution récente du cadre réglementaire européen et des actions françaises concernant ces substances. L’adoption en 2023 de la modification du règlement CLP (Classification, Labelling and Packaging) introduisant des classes de danger spécifiques pour les perturbateurs endocriniens constitue une avancée significative permettant une identification cadrée et harmonisée des substances chimiques ayant ces propriétés de danger. Nous décrivons ici comment la France a participé à cette évolution dans la deuxième Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2) et comment le projet d’un troisième plan s’appuiera sur cette avancée. Le développement de nouvelles méthodes d’essai et l’amélioration des connaissances scientifiques restent essentiels pour l’identification des effets de perturbation endocrinienne, en vue d’une meilleure protection de la santé humaine et de l’environnement contre les substances chimiques présentant ce type d’effet.Des questions persistent concernant l’évaluation de leurs effets à faible dose. L’évaluation des risques liés à ces substances reste aussi un enjeu à relever. Il apparaît alors que pour certaines de ces substances, un usage raisonné et limité aux usages essentiels contrôlés est, en complément de l’application du principe de précaution, la seule solution cohérente. Les systèmes d’autorisations ciblées des règlementations sectorielles tels qu’existant dans REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals), les réglementations Phytopharmaceutiques, Biocides et Cosmétiques apparaissent dès lors comme les mécanismes les plus adéquats pour mettre en œuvre le contrôle de ces substances dangereuses.
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