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Résumé :
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La négligence, reconnue comme l’une des cinq formes de maltraitance par l’Organisation mondiale de la santé, demeure largement sous-repérée en France malgré sa fréquence élevée. Elle constitue pourtant la forme la plus courante de maltraitance et l’une des plus délétères pour le développement de l’enfant. Les professionnels y sont quotidiennement confrontés sans toujours l’identifier. Il n’existe pas de définition consensuelle de la négligence. Elle se caractérise surtout par l’absence chronique de réponses adaptées aux besoins fondamentaux de l’enfant. Elle est multifactorielle, chronique et non circonstancielle. Ses effets apparaissent précocement, et peuvent consister en des retards de développement, des troubles internalisés ou externalisés. Pour identifier une situation de négligence, il convient d’attacher une importance particulière au développement et à l’enfant en relation. Nous avons présenté les résultats d’une enquête de terrain auprès de pédopsychiatres, juges des enfants et directeurs de l’aide sociale à l’enfance sur la négligence. On observait l’absence de position consensuelle entre les différents corps de métiers et au sein même de chaque profession sur la définition de la négligence et ses effets du fait de référentiels, de formations et de fonctions différentes. Chaque corps de métier avait des a priori sur les autres corps de métier, ce qui pouvait impacter le travail au bénéfice de l’enfant négligé. Les observations cliniques indiquent que l’évolution des situations dépend fortement de la qualité de la coordination entre acteurs. Les prises en charge réussies reposent sur des interventions précoces, durables, pluridisciplinaires et écosystémiques. Elles doivent être partenariales, nécessitant de renforcer les articulations entre pédopsychiatrie, services sociaux, ASE et justice.
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