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Résumé :
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Les pandémies récentes ont conduit à un renouvellement des politiques des zoonoses, ces maladies qui circulent entre les humains et les animaux. Ce sont ces politiques qu’analyse Frédéric Keck dans son dernier ouvrage Politique des zoonoses. Vivre avec les animaux au temps des virus pandémiques (2024). L’auteur y poursuit une réflexion initiée il y a plusieurs années, qu’il enrichit ici par l’adoption de nouveaux concepts, dont celui de cryopolitique, emprunté dans sa version étendue à Joanna Radin et Emma Kowal (2017) (respectivement anthropologue et historienne des sciences), et en y posant de nouvelles questions dont celle de l’émancipation des animaux. Surtout, et c’est là un des intérêts majeurs de l’ouvrage, il y propose une synthèse ambitieuse des différentes formes de pouvoir (modernes et prémodernes) impliquant les relations entre humains et non-humains, et des savoirs, des valeurs, des idéaux, et des ontologies sur lesquelles ces formes de pouvoir se fondent. Cette synthèse mobilise une abondante littérature, dont les travaux de Michel Foucault sur le biopouvoir, ceux de Luc Boltanski et Laurent Thévenot sur les économies de la grandeur, ceux de Philippe Descola sur les différentes ontologies des relations humains-non humains, et les recherches qu’il a lui-même menées sur de nombreux terrains, notamment asiatiques. Cette synthèse est résumée dans un imposant tableau en fin d’ouvrage (Keck, 2024 : 230). Elle guide une lecture des crises sanitaires récentes et l’analyse des formes de pouvoir exercé sur le vivant.
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