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Résumé :
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Cet article explore l’usage des neuroleptiques à action prolongée (NAP) dans la psychiatrie française de 1966 à aujourd’hui, en articulant trois ambitions complémentaires. D’un point de vue historique, il retrace les dynamiques d’appropriation des NAP, montrant comment leur diffusion accompagne, sans les déterminer, les transformations institutionnelles de la psychiatrie, notamment à travers la sectorisation. Sur le plan socio-anthropologique, l’analyse des pratiques, basée sur des données ethnographiques, des entretiens et des archives médicales, révèle des usages variés des NAP, entre négociation thérapeutique, gestion des patients « observants » et redéfinition des lieux du soin en dehors de l’hôpital. Enfin, l’ambition théorique de l’article est d’interroger la relation complexe entre innovation pharmacologique et transformations institutionnelles. Loin d’un déterminisme technologique, les NAP apparaissent comme des « traceurs » des mutations psychiatriques, dont les significations évoluent selon les contextes.
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