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Résumé :
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La clinique du transsexualisme a catégorisé les personnes transmasculines (PTM) comme hétérosexuelles. Cette vision a été adoptée dans le cadre de la lutte contre le VIH, influençant la manière de considérer les PTM en matière de prévention. Dans ce contexte, notre article interroge comment ces catégorisations ont affecté les parcours sexuels des PTM, leur accueil dans les services de prévention du VIH, et comment les mobilisations en santé communautaire ont œuvré à combler les lacunes induites. À partir d’une analyse thématique de 13 entretiens et de la littérature communautaire en santé, nous montrons, à rebours de la conception médicale dominante, l’existence d’une pluralité des parcours. Premièrement, pour les individus ayant vécu une hétérosexualité pré-transition, leur orientation sexuelle complique la reconnaissance de soi comme étant trans et nécessite un travail de traduction des représentations médicales de la sexualité. Deuxièmement, nous mettons en évidence la persistance d’une conception cisnormative, voire d’un effacement des PTM dans la clinique du VIH qui est à l’origine de discriminations, d’un sentiment d’illégitimité dans l’accès à la prévention et d’un éloignement des PTM de celle-ci. Enfin, nous montrons que les communautés trans créent des outils de prévention alternatifs qui prennent en compte la diversité des anatomies et de leurs pratiques, mais qu’une forme de « maximisation de la protection » y est présentée et n’est pas considérée comme applicable à leurs pratiques concrètes par une partie de la communauté transmasculine.
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