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Résumé :
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La direction de la santé publique de la Ville de Paris déploie en interne une démarche d’urbanisme favorable à la santé (UFS) adossée aux évaluations d’impact sur la santé (EIS). L’article présente une grille d’analyse UFS élaborée pour intégrer, très en amont, les enjeux de santé dans un projet de requalification d’un territoire aux portes de Paris, lorsque plusieurs orientations d’aménagement sont en débat.Une équipe pluridisciplinaire a dressé un portrait socio-environnemental du secteur (données de l’Institut national de la statistique et des études économiques [INSEE], visite de site, éléments d’étude urbaine) puis traduit les enjeux urbains en six composantes évaluables sous le prisme de la santé : nature et espaces verts urbains, mobilités, expositions environnementales, espaces publics et ambiance urbaine, programmation, et temps du chantier. À partir de référentiels UFS, de revues scientifiques et des informations produites par l’architecte coordonnateur, une grille d’indicateurs a été élaborée, permettant de documenter les liens entre composantes et impacts potentiels sur la santé ; chaque orientation d’aménagement a ainsi été évaluée indépendamment, puis consolidée par consensus avec les membres de l’équipe projet pluridisciplinaire.Les résultats de l’évaluation s’échelonnaient dans un rapport de 1 à 4, selon l’orientation étudiée.Présentée en arbitrage politique, l’analyse a contribué à engager l’approfondissement d’études techniques et de faisabilité en partenariat avec l’État pour élaborer des scénarios de requalification urbaine respectant l’exigence en matière de santé environnementale. Réutilisé depuis sur un autre site, l’outil montre sa transférabilité après ajustement sur les déterminants de santé à considérer. Ses limites portent sur l’absence de pondération des items, l’appréhension des externalités au-delà du périmètre, l’absence de certains déterminants de santé (logement) qui doivent être ajustés à chaque projet urbain, la prise en compte perfectible des inégalités de santé, la focalisation sur les seuls riverains et non sur les usagers qui fréquenteront le secteur, et une dimension « Une seule santé » à renforcer. Cet outil opérationnel facilite l’intégration précoce de la santé dans les choix urbains et pourrait être, une fois amélioré, systématisé dans le cadre du second Plan Paris santé environnement et du Plan local d’urbanisme bioclimatique.
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