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Résumé :
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Cet article propose une analyse de l’hypocrisie dans le champ de la santé en tant que phénomène social, éthique et politique. Les auteurs abordent son rôle social dans la relation thérapeutique, l’ambivalence entre tact protecteur et manipulation pouvant fragiliser la confiance. Au niveau organisationnel, l’hypocrisie apparaît comme le produit d’injonctions contradictoires portées par les discours humanistes et les logiques gestionnaires, issues des tensions entre rôle social, souffrance au travail et dissonances institutionnelles. Sur le plan politique, les auteurs de cet article tentent d’analyser, à partir de travaux de Michel Foucault et Giorgio Agamben, l’utilisation de contraintes d’exception imposées pendant la crise sanitaire Covid-19 et la peur pour gouverner. Les approches sociologiques, phénoménologiques et biopolitiques montrent que l’hypocrisie n’est pas un simple vice individuel, mais un phénomène qui structure la vie sociale, les pratiques professionnelles, les organisations de travail, le management et la gouvernance politique. L’article conclut en soulignant l’intérêt d’une pédagogie critique, telle que celle de Paulo Freire pour aider les professionnels de santé à décoder les mécanismes de l’hypocrisie et renforcer l’éthique relationnelle du soin. (R.A.)
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