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Résumé :
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Les incitations inscrites dans le financement des hôpitaux jouent un rôle déterminant : elles influencent à la fois la maîtrise des dépenses de santé et l'équité d'accès aux soins. Les tarifs hospitaliers ne sont pas de simples montants comptables : ils orientent concrètement les choix de prise en charge. Lorsque les actes chirurgicaux réalisés en moins de douze heures sont mieux rémunérés que les soins médicaux destinés à des patients polypathologiques, le système pousse inévitablement non seulement vers davantage de chirurgie ambulatoire, mais aussi favorise le type de patients éligibles à ce type de prise en charge. À l'inverse, des tarifs plus élevés pour les patients les plus vulnérables favorisent leur prise en charge. Les règles de financement agissent donc comme un puissant levier, capable de réorienter l'activité hospitalière. La réforme de 2009 a introduit quatre niveaux de gravité dans la classification DRG - de faible à très élevée - sur le modèle de la tarification américaine MS-DRG. Chaque niveau correspond à un tarif fixe censé refléter le coût moyen du traitement. L'ambition était claire : aligner le financement sur la complexité réelle des situations médicales, en tenant compte de la pathologie, des comorbidités et de leur impact sur la prise en charge. Mais dans les faits, malgré cette sophistication et la coexistence de quatre niveaux de complexité pour un même groupe, le récent papier de Milcent (déc. 2025) montre que la réforme a surtout réduit la lisibilité des GHM sans parvenir à améliorer de manière convaincante l'adéquation entre les tarifs et la complexité des soins. (R.A.)
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