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Résumé :
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L’Europe du médicament traverse une phase décisive, prise entre des puissances engagées dans des politiques industrielles ambitieuses et des États membres encore hésitants. La France, longtemps moteur scientifique et industriel, voit également sa position fragilisée. Les débats sur les prix, l’accès à l’innovation, les pénuries ou la réindustrialisation concentrent des enjeux de souveraineté, d’emploi et de cohésion sociale. Entre 1980 et 2017, le pays a perdu 2,5 millions d’emplois industriels. La pharmacie n’est pas épargnée : en 2024, la croissance des effectifs est passée de 2,4 % à 1,1 %, tandis que les CDI reculent et que les licenciements augmentent fortement, touchant particulièrement les jeunes talents. Cette évolution industrielle intervient dans un contexte budgétaire marqué par un niveau élevé de dépense publique et un reste à charge parmi les plus faibles de l’OCDE. Ce modèle solidaire exerce une pression continue sur les dépenses de santé, transformant le médicament en variable d’ajustement, au risque d’affaiblir la capacité d’innovation et l’accès rapide aux traitements. Dès lors se pose un défi majeur : concilier solidarité, soutenabilité et attractivité pour éviter que la France ne devienne un pays en retard d’accès aux innovations thérapeutiques.
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