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Résumé :
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Le National Health Service (NHS), système de santé publique britannique créé en 1948, est l’un des piliers de l’État-providence outre-Manche. Véritable « religion » nationale, il incarne un idéal de solidarité, garantissant un accès gratuit aux soins pour tous, financé par l’impôt. Ce modèle beveridgien diffère fondamentalement du modèle français, fondé sur les cotisations sociales. Bien qu’encore largement plébiscité par la population et les différents partis politiques, le NHS traverse aujourd’hui une crise systémique accentuée par le Brexit. Les réformes inspirées du New Public Management, les partenariats public-privé, ainsi qu’une gouvernance axée sur la performance et la marchandisation, ont fragilisé ses fondements. Pénuries de personnel, sous-équipement, listes d’attente interminables, désengagement de l’État et externalisation des soins sont autant de symptômes d’un mal profond. Si le gouvernement travailliste issu des élections de 2024 entend réformer en profondeur le NHS, la soutenabilité de ce modèle solidaire est plus que jamais remise en question dans un contexte de tensions budgétaires, de vieillissement démographique et de pression privatisante.
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