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Résumé :
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Les systèmes de santé européens se caractérisent par une grande diversité institutionnelle et organisationnelle. Pourtant, depuis une quinzaine d’années, et plus encore depuis la pandémie de Covid-19, une transformation profonde et largement convergente est engagée. Cet article analyse le passage d’un paradigme centré sur la production de soins, fondé sur la concurrence et le financement à l’activité, vers un paradigme orienté vers la production de santé, reposant sur la coopération, l’intégration et la territorialisation. Malgré une baisse importante du nombre de lits hospitaliers dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, la part des dépenses hospitalières est restée stable, voire a augmenté, traduisant une recomposition plutôt qu’un déclin du rôle de l’hôpital. Les réformes visent désormais à structurer des systèmes territoriaux intégrés, articulant soins primaires, hôpital, secteur social et santé publique, autour d’instances de gouvernance communes et d’un objectif partagé : le « Triple Objectif » (amélioration de la santé des populations, qualité des soins, efficience des ressources). Ces évolutions redéfinissent la place de l’hôpital, intégré à des parcours de santé territoriaux, tout en renforçant la spécialisation de certains établissements. Elles s’accompagnent toutefois d’un pilotage national accru, d’un contrôle renforcé des pratiques et de fortes contraintes budgétaires et humaines. Entre promesse de renouveau solidaire et risque de recentralisation technocratique, l’Europe de la santé se trouve à un tournant décisif.
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