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Résumé :
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Ce mémoire analyse le rapport au politique des travailleurs et travailleuses de jeunesse, en s’intéressant à leur place dans l’action publique locale, aux normes et pratiques qui régissent leur groupe professionnel ainsi qu’aux formes de politisation et de dépolitisation à l’œuvre dans leur quotidien. Dans une première partie, nous analysons leurs conditions de travail, hétérogènes et encadrées par des contraintes institutionnelles. La relation entre agent.e et élu.e se révèle déterminante : elle peut constituer une ressource politique, mais reste fragile, notamment dans un contexte où les élu.es à la jeunesse occupent souvent une position périphérique dans l’action publique. Ensuite, nous explorons les normes et formes légitimes du travail de jeunesse, révélatrices d’une identité professionnelle indécise dans son rapport au politique. Leurs pratiques combinent des approches diverses, avec l’éducation populaire comme outil de différenciation. Des tensions entre travail social et travail de jeunesse illustrent, elles, les contraintes organisationnelles et recompositions du métier. De plus, leur identité professionnelle révèle la présence des dispositions contestataires, sans pour autant aboutir à une politisation claire. Enfin, nous démontrons comment le travail constitue un lieu d’intériorisation et d’expression d’un rapport contrarié au politique : les professionnel.les tendent à neutraliser le politique, à éviter les sujets conflictuels et à privilégier le consensus social, avec des dynamiques genrées et individualisées dans la transmission de contenus politiques aux jeunes.
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