Résumé :
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Au début de l’année 2020, les premiers cas de contamination au Covid-19 sont détectés en France. De nombreux acteurs cherchent alors à documenter les effets de la crise sanitaire. Parmi eux, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) entend produire des données sur les conditions de vie et le statut immunitaire de la population. Dans une perspective de sociologie de la quantification, cet article interroge les effets de la crise sanitaire sur les conditions de production de données d’enquête. Il retrace les stratégies de l’Inserm pour obtenir des données sur la situation sanitaire. Nous montrons que la crise pousse l’institution à expérimenter deux stratégies de production de données, et ce malgré l’urgence et l’intensité du travail. La première s’appuie sur des moyens existants – les cohortes épidémiologiques – et aboutit à l’enquête Sapris. La seconde vise certaines propriétés des données – la représentativité – et débouche sur l’enquête Epicov, en partenariat avec la statistique publique. In fine, la crise sanitaire donne à voir une situation originale de coexistence de stratégies d’enquête dans un contexte d’urgence.
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