Résumé :
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Dans certains milieux, on incrimine l’influence de la libéralisation des mœurs issue de Mai-68, perçue comme prônant une jouissance sans freins. Ce faisant, on oublie que, depuis lors, on a pris de plus en plus conscience du lien potentiel entre sexualité, pouvoir et violence, comme le mouvement #MeToo le démontre amplement sous nos yeux. Le diagnostic du pape François se fonde sur cette corrélation qui, dans tous les lieux de vie et de travail, conduit la sexualité des forts à vouloir s’imposer aux faibles. Les abus sexuels ont toujours cette dimension. Les auteurs d’abus sur mineurs ont un profil identique : pères incestueux (dans 80 % des cas jugés), enseignants, entraîneurs sportifs, chefs de chœur, chefs scouts. Ce sont des figures d’autorité, en contact avec des personnes vulnérables, tout comme le clergé. De tels abus sont donc, hélas, et prévisibles et vérifiés dans l’Église. Le cléricalisme est volontiers dénoncé. Pour que cette critique soit efficace, il faut analyser le phénomène, en faire la généalogie, repérer les déviances à l’égard du message évangélique. L’enjeu est autour d’un pouvoir qui se trouve sacralisé. Le concile Vatican II a retrouvé une ecclésiologie plus équilibrée fondée sur l’égale dignité des baptisés.
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