Résumé :
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L’objectif de cette étude est de contribuer à l’évaluation et l’appréciation des risques réels liés à l’exposition chronique aux pesticides, à partir des variations de l’activité de la cholinestérase plasmatique (PChE), et des manifestations cliniques susceptibles d’être dues à l’exposition professionnelle aux pesticides. L’étude a concerné 110 travailleurs agricoles et 97 individus témoins, vivant dans le Sahel tunisien. Chaque individu a bénéficié d’un examen clinique, afin de rechercher des symptômes fonctionnels en relation avec une intoxication chronique aux pesticides. La détermination de l’activité de la PChE a été réalisée par une méthode cinétique adaptée sur konélab 30 (Thermo Clinical Labsystems™). Les signes neurologiques sont les plus fréquemment retrouvés chez les travailleurs, suivis des atteintes ostéomusculaires et des signes dermatologiques. Une association significative a été retrouvée entre les signes neurologiques mentionnés par les travailleurs et l’exposition à des organophosphorés (OP) et/ou des carbamates (CB) ( p = 0,013). L’activité moyenne de la PChE est significativement plus basse chez les travailleurs par rapport aux témoins ( p < 0,001). Elle est diminuée chez les travailleurs exposés à des mélanges de pesticides OP-CB par rapport à ceux n’ayant utilisés que des OP ( p = 0,030) ou des CB ( p = 0,031). Une association significative a été notée entre la diminution de la PChE et l’exposition aux OP et/ou CB ( p < 0,001). La variation de la PChE est également liée à la durée d’épandage et l’ancienneté d’exposition. Ainsi, l’activité de la PChE constitue un important biomarqueur d’effet de l’exposition aux pesticides. Cependant, l’interprétation de l’activité de cette enzyme chez les travailleurs doit prendre en considération certains facteurs, notamment la nature des pesticides utilisés ainsi que la durée et l’ancienneté de l’exposition.(R.A.)
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