Résumé :
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[BDSP. Notice produite par INIST-CNRS K6V72R0x. Diffusion soumise à autorisation]. Objectif : Déterminer l'association entre différents modes d'alimentation des nourrissons (allaitement maternel exclusif, allaitement maternel prédominant, allaitement maternel partiel et absence d'allaitement maternel) et la mortalité et les hospitalisations pendant les six premiers mois. Méthodes : Le présent document s'appuie sur une analyse secondaire des données provenant d'un essai contrôlé randomisé multicentrique sur la supplémentation en vitamine A associée à la vaccination. Au total, 9424 enfants et leurs mères (2919 au Ghana, 4000 en Inde et 2505 au Pérou) ont été inclus dans l'essai alors que les nourrissons avaient entre 18 et 42 jours dans deux taudis urbains de New Delhi (Inde), un bidonville périurbain de Lima (Pérou) et 37 villages du district de Kintampo (Ghana). Des visites au domicile des couples mère-enfant ont été effectuées à des intervalles de 4 semaines à compter de l'administration au nourrisson de la première dose de vaccin antipoliomyélitique buccal et de vaccin antidiphtérique-anticoquelucheux-antitétanique, à 6 semaines au Ghana et en Inde et à 10 semaines au Pérou. A chaque visite, les mères devaient dire ce qu'elles avaient proposé à boire ou à manger à leur nourrisson au cours de la semaine écoulée. Des données ont aussi été recueillies sur les hospitalisations et les décès de nourrissons entre 6 semaines et 6 mois. Les principaux critères de jugement utilisés étaient la mortalité toutes causes confondues, la mortalité par diarrhée, la mortalité due à des infections aiguës des voies respiratoires inférieures et les hospitalisations. Résultats : Le risque de décès ne variait pas sensiblement selon que les enfants étaient nourris au sein exclusivement ou de façon prédominante (rapport des risques ajustés (RR)=1,46 ; intervalle de confiance à 95% (IC)=0,75-2,86). Le risque de décès était plus élevé pour les enfants n'étant pas nourris au sein que pour les enfants nourris au sein de façon prédominante (RR=10,5 ; IC à 95%=5,0-22,0 ; p<0,001), ce qui était également le cas des enfants nourris partiellement au sein (RR=2,46 ; IC à 95%=1,44-4,18 ; p=0,001). Conclusion : Ces résultats ont deux incidences majeures. Premièrement, le risque de mortalité infantile extrêmement élevé associé à l'absence d'allaitement au sein doit être pris en compte dans les options proposées aux mères infectées par le VIH concernant l'alimentation de leur nourrisson. Deuxièmement, compte tenu des risques de décès similaires pour les nourrissons nourris au sein de façon prédominante et pour ceux qui sont nourris au sein exclusivement, les mesures de promotion, là où les taux d'allaitement au sein prédominant sont déjà élevés, devraient viser à maintenir ces taux élevés et non à tenter de substituer l'alimentation au sein exclusive à l'alimentation au sein prédominante.
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