Résumé :
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L'organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a réuni en 2007 de nombreux experts autour du thème "Peut-on mesurer le bonheur et que signifient ces mesures pour l'action publique ?". L'institution internationale part du constat que les individus sont de plus en plus soucieux de leur qualité de vie. Ce souci, qui se traduit par le succès rencontré par un concept comme le développement durable, s'explique par le fait que la croissance, à elle seule, ne fait pas le bonheur. Isabelle Cassiers et Catherine Delain dans Regards économiques analysent le décalage entre la croissance continue et la stagnation du degré de satisfaction des Occidentaux depuis plus de 30 ans. Raphaël Wintrebert, dans un Document de travail de Fondapol, présente différentes mesures possibles du bonheur et propose de définir ce qu'est un pays heureux. Florence Jany-Catrice et Stephan Kampelmann, quant à eux, démontrent dans un article publié dans la Revue française d'économie que le bien-être a, depuis 1980 en France, nettement moins augmenté que le produit intérieur brut (PIB). De telles observations, enrichies par l'apport des sciences cognitives, font de l'économie du bonheur une approche à part entière, comme le souligne Lucie Davoine dans un Document de travail du Centre d'études pour l'emploi (CEE) dans lequel elle donne également quelques recommandations en matière de politiques publiques, parfois très éloignées de celles de l'économie traditionnelle, susceptibles d'accroître le sentiment de bonheur des citoyens. Enfin, Serge Latouche défend dans le Monde diplomatique, un point de vue plus radical. Pour lui, la croissance, même "durable", demeure destructrice de bien-être. Si l'on souhaite augmenter ce dernier, ce serait à la décroissance qu'il faudrait uvrer.
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