Résumé :
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La sur-médiatisation des actes de violences commis par des mineurs exacerbe le sentiment d'insécurité. Une autre erreur majeure consisterait à ne pas se doter d'un outil d'évaluation du phénomène que l'on prétend traiter. Parmi les violences que l'on impute aux jeunes, celles qui visent les institutions sont sans doute les plus inquiétantes tant elles semblent répondre à d'autre violences : celles des institutions. Les relations entre jeunes et police sont dans une impasse. Dans les quartiers populaires, chacun est laissé à ce face-à-face dans un complet isolement, hors de portée et de compréhension du reste de la sociéte. Il importe de rappeler l'importance et la richesse de l'approche unitaire et spécialisée de la juridiction française des mineurs qui se refuse à séparer mineurs en danger/mineurs délinquants et qui est de moins en moins comprise par les décideurs politiques. Face à la pression que la judiciarisation croissante de la société fait peser sur la justice, et à l'insidieux glissement qui s'opère vers une pénalisation de la pauvreté, il est impératif que la justice puisse s'appuyer sur l'engagement de chacune des instances de la société à accomplir ses missions. La justice ne doit pas nécessairement avoir le monopole des réponses à des actes de transgression des mineurs.
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