Résumé :
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Longtemps dénié, le harcèlement moral au travail vient d'être reconnu par une loi de janvier 2002. Depuis plusieurs années, des professionnels recueillaient les plaintes de personnes soumises au stress, à des contraintes contradictoires qui faisaient du travail, un lieu de souffrances et de destructuration. La prise de parole s'est amplifiée dans l'espace social par le succès inattendu d'ouvrages qui ont révélé, mis en mots, ce que des dizaines de milliers de personnes ressentaient. La reconnaissance de l'importance du phénomène impose une réflexion sur le contexte socio-culturel dans lequel il s'inscrit. La dimension interindividuelle, renvoyant notamment aux conduites perverses, ne doit pas masquer les aspects organisationnels. Du côté des syndicats, comme du côté des dirigeants d'entreprise, le harcèlement moral impose des réajustements délicats. Les trajectoires des victimes soulignent une imbrication forte entre les dimensions subjectives et les enjeux collectifs. Raison de plus pour clarifier les situations, mobiliser tous les acteurs pour que la reconnaissance effective des violences au travail serve à les prévenir.
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